Comment la métacognition peut combler l'écart de réussite scolaire
Enseigner aux enfants des stratégies métacognitives peut améliorer l'égalité des chances en matière d'éducation.
Les résultats scolaires d'un enfant sont liés au statut socio-économique (SSE) de sa famille. Les enfants issus de familles à faibles revenus ont tendance à être derrière leurs pairs plus riches Avant leur entrée à l'école, leurs compétences en langage oral, en vocabulaire et en calcul sont plus faibles. Les enfants issus de milieux socio-économiques défavorisés peuvent prendre encore plus de retard si cet écart se creuse. l'écart de réussite – n'est pas abordé.
« Les enfants issus de familles à faibles revenus ont tendance à être derrière leurs pairs plus riches avant qu'ils ne commencent l'école.
Réduire les inégalités de réussite scolaire est extrêmement difficile, compte tenu des nombreux facteurs contributifs et imbriqués, notamment l'insécurité du logement, pénurie alimentaireet le stress. Cet écart entre les enfants issus de milieux socio-économiques défavorisés et ceux issus de milieux favorisés est élargissement, créer un "bombe à retardement« pour la mobilité sociale », selon le Sutton Trust, une organisation caritative qui œuvre pour l’amélioration de la mobilité sociale. Au Royaume-Uni, l’écart se creuse encore davantage, car les enfants les plus pauvres l'école me manque le plus.
Une équipe de recherche en France étudie des interventions visant à réduire ces inégalités afin que tous les enfants puissent réaliser pleinement leur potentiel. recherche à paraître prochainementIls ont constaté qu'améliorer la métacognition des enfants était un moyen efficace de promouvoir l'égalité. La métacognition – en termes simples, la réflexion sur sa propre pensée – est un processus. cela nous aide à apprendreNous utilisons la métacognition pour réfléchir à ce que nous avons appris et pour comprendre nos forces et nos faiblesses. Cela nous permet d'identifier nos axes d'amélioration. C'est le processus que nous utilisons, par exemple, pour comprendre pourquoi nous avons fait une erreur en mathématiques.
« Nous utilisons la métacognition pour réfléchir à ce que nous avons appris et pour comprendre nos propres forces et faiblesses. »
Les enfants issus de familles de statut socio-économique plus élevé peuvent avoir de meilleures capacités métacognitives que leurs pairs, et par conséquent, obtiennent de meilleurs résultats en calcul et en expression orale. La métacognition est donc une cible prometteuse pour réduire les inégalités dès le plus jeune âge.
Les capacités métacognitives peuvent être enseignées
L'équipe de recherche a enseigné à 172 enfants d'âge préscolaire (5 et 6 ans) à comprendre leurs propres capacités métacognitives et à utiliser des stratégies métacognitives. 172 autres enfants n'ont bénéficié d'aucune intervention. Enseigner ces compétences aux enfants peut sembler difficile, mais Grégoire Borst, de l'Université Paris Cité, qui a supervisé les travaux, affirme que c'est en réalité « très simple ».
Pour commencer, on a expliqué aux enfants le fonctionnement du cerveau. « Nous avons parlé de la plasticité cérébrale », explique Borst. « Nous leur avons expliqué ce qu'est un neurone et ce qu'est une connexion entre les neurones, et nous leur avons expliqué qu'apprendre, c'est créer de nouvelles connexions, de nouvelles "routes" dans le cerveau. » On leur a également dit que « c'est grâce à notre cerveau que nous pouvons apprendre, et qu'il est important de comprendre comment il fonctionne pour bien apprendre. »
Ensuite, on a expliqué aux enfants que la mémoire et l'attention sont essentielles à l'apprentissage. Après avoir acquis cette notion fondamentale, ils ont appris qu'au lieu de se lancer immédiatement dans une tâche, il est préférable de prendre le temps de réfléchir à la meilleure façon de la réaliser. « Avant toute activité, l'une des principales stratégies métacognitives consiste à planifier ce que l'on va faire. Nous leur avons donc demandé de vérifier s'ils disposaient de tout le matériel nécessaire et s'ils pouvaient envisager la meilleure façon d'accomplir la tâche », explique Borst. Les enfants ont reçu des tâches à planifier et ont été invités à suivre leur stratégie et à réfléchir à la tâche accomplie.
Dans un exemple, on a demandé aux enfants de tracer le chemin le plus court pour nourrir les animaux sur un plan de zoo. Pendant l'exercice, les chercheurs leur ont demandé quelles stratégies ils utilisaient afin de déterminer s'ils planifiaient et adaptaient leurs actions. Ils ont ensuite examiné si une utilisation accrue de stratégies métacognitives améliorait les résultats des enfants, explique Borst.
Plusieurs mois après l'intervention, les enfants ayant bénéficié d'un enseignement des stratégies métacognitives ont progressé davantage en expression orale et en mathématiques que ceux n'ayant pas reçu cette formation. Ce sont les enfants issus de milieux socio-économiques défavorisés qui en ont le plus profité.
« Apprendre aux enfants la métacognition et comment utiliser des stratégies métacognitives peut contribuer à réduire les inégalités scolaires dès le plus jeune âge. »
Cela suggère qu'enseigner aux enfants la métacognition et l'utilisation de stratégies métacognitives peut contribuer à réduire les inégalités scolaires dès le plus jeune âge. Cette idée est étayée par des études menées auprès d'enfants plus âgés, dont les capacités de réflexion se sont améliorées grâce à une intervention ciblée, ce qui a permis de… de meilleurs résultats scolaires.
Selon Borst, la prochaine étape consiste à montrer aux enseignants et aux formateurs comment aider les enfants à utiliser ces stratégies métacognitives. « Pour généraliser ce processus, il faut bien, à un moment donné, former les formateurs », explique-t-il. Si les enseignants développent les compétences de pensée métacognitive dès le plus jeune âge, les enfants auront plus de chances d'atteindre leur plein potentiel scolaire, quel que soit leur milieu d'origine.