Élever un enfant exceptionnellement intelligent est-il le fruit du hasard ou d'une stratégie ? Cette question est abordée dans « Comment élever un génie : les leçons tirées d'une étude de 45 ans sur des enfants surdoués », un article récemment publié dans Nature.

L'article traite d'une étude menée sur plusieurs décennies et connue sous le nom de Étude des jeunes mathématiquement précoces qui a débuté avec un brillant enfant de 12 ans en 1968. L'enfant était Joseph Bates Il commença à suivre des cours à l'université Johns Hopkins alors qu'il était encore au collège. Il y fit la connaissance de Julian Stanley, professeur spécialisé dans l'étude des performances cognitives, qui, après lui avoir fait passer une série de tests, l'inscrivit comme étudiant de premier cycle à l'âge de 13 ans.

Suite à cette expérience, Stanley a entrepris de déterminer comment identifier les enfants les plus brillants et trouver la meilleure façon de favoriser leur réussite future. Depuis le début de l'étude, plus de 5 000 individus ont été observés et les résultats suggèrent que, si les aptitudes naturelles sont certainement importantes pour bâtir des carrières prestigieuses, le développement de ces aptitudes dans un cadre scolaire est tout aussi essentiel.

Ce travail suscite toutefois des débats sur les risques liés au fait de qualifier les enfants de « surdoués » dès leur plus jeune âge, ainsi que sur la question de savoir si les écoles devraient privilégier le soutien aux élèves les plus performants ou accompagner ceux qui rencontrent des difficultés scolaires. Des préoccupations subsistent également quant aux conséquences sociales du fait de faire sauter des classes. Autant de points importants abordés dans l'article.

L'étude a révélé que les enfants présentant des signes précoces de réussite scolaire ont tendance à connaître des carrières plus brillantes dans les domaines des sciences, des technologies, de l'ingénierie et des mathématiques, et que ceux qui bénéficient d'un enseignement avancé durant leurs premières années d'études reçoivent un avantage supplémentaire. Ce fut apparemment le cas pour Bates, qui avait déjà obtenu une licence et une maîtrise à l'âge de 17 ans et avait entamé un doctorat. Il allait devenir un pionnier de la recherche en intelligence artificielle.