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Partout dans le monde, les écoles développent l'enseignement de la robotique, en mettant l'accent principalement sur les compétences techniques telles que la précision du codage et la précision mécanique. Lorsque nous avons conçu notre programme de robotique périscolaire, nous sommes partis d'une approche différente : nous avons intégré trois éléments clés : la parole des jeunes, la pratique concrète de la robotique et… apprentissage social et émotionnelAu lieu de centrer notre attention sur la machine, nous la centrons sur les jeunes, leurs communautés et le sens que donne leur travail.

« Au lieu de centrer notre attention sur la machine, nous la centrons sur les jeunes, leurs communautés et le sens que donne leur travail. »

La robotique aide les jeunes à comprendre et à améliorer le monde.

Notre programme, Co-Learn Code and Mind, a été développé en collaboration avec cinq collèges du district scolaire public du comté de Montgomery, dans l'État du Maryland, aux États-Unis. Les élèves travaillent en équipes hétérogènes, encadrés par des enseignants, des mentors universitaires, des bénévoles et des lycéens référents. Le programme ne débute pas par un défi de robotique, mais invite plutôt les élèves à se poser des questions qui leur tiennent à cœur. Ils réfléchissent à leurs expériences quotidiennes, puis conçoivent des projets de robotique inspirés par ces réflexions.

Notre objectif est d'aider les jeunes à construire Compétences STIM tout en cultivant un sentiment d'appartenance, de curiosité, d'identité, de résolution collaborative de problèmes et d'autonomie. Ces compétences sont au cœur de apprentissage socio-émotionnel transformateurDans ce cadre, jeunes et adultes tissent des liens solides, respectueux et durables pour s'engager dans un apprentissage collaboratif. Nous considérons l'apprentissage de la robotique non pas comme une fin en soi, mais comme un outil permettant aux jeunes de comprendre et d'améliorer le monde qui les entoure.

Dès la première semaine du programme, notre équipe a tenu un journal partagé afin d'identifier des tendances et de tirer des enseignements des étudiants. Nos premières observations orientent désormais le programme.

« Nous considérons l’apprentissage de la robotique non pas comme une fin en soi, mais comme un outil permettant aux jeunes de comprendre et d’améliorer le monde qui les entoure. »

Les élèves s'expriment de différentes manières

De nombreux élèves issus de milieux défavorisés ou marginalisés intègrent notre programme avec peu d'expérience en matière d'expression de leurs idées ou de partage de réflexions personnelles, souvent parce que leur voix a été ignorée ou parce qu'ils se sont sentis vulnérables ou peu soutenus lorsqu'ils ont pris la parole par le passé. Conscients de ce problème, nous avons cherché à créer de multiples moyens d'expression pour les élèves. Il peut s'agir, par exemple, de dessin, de construction, de photographie ou de mouvement avant de s'exprimer à voix haute. Au fil du temps, ces formes d'expression ont aidé les élèves à trouver les mots pour exprimer leurs idées et leur ont donné confiance pour partager leurs points de vue avec leurs pairs et les adultes.

Nous avons constaté que lorsque les élèves sentent que leurs idées comptent, ils participent différemment. Ils s'investissent non seulement en tant qu'apprenants en robotique, mais aussi en tant que chercheurs et concepteurs. Nous avons observé que les élèves prenaient davantage confiance en eux lorsque nous les intéressions de près à ce qui les préoccupait, à ce qui leur apportait de la joie ou à leur sentiment d'appartenance.

La robotique pratique offre un apprentissage expérientiel puissant

Dès que les élèves commencent à esquisser leurs idées, à connecter les fils, à programmer les moteurs ou à tester leurs structures, l'atmosphère de la classe se transforme. Ils collaborent avec enthousiasme, s'entraident pour résoudre les problèmes et font preuve de persévérance face aux difficultés. L'acte concret de construire suscite des échanges enrichissants sur les personnes pour lesquelles ils conçoivent et sur l'importance de leurs idées, donnant ainsi du sens à leur travail.

« Grâce à ces expériences concrètes, les étudiants se perçoivent comme des créateurs de connaissances, et non comme de simples participants à un programme. »

Nous avons constaté que les élèves prennent conscience de leur apprentissage lorsqu'ils construisent, testent, révisent et recommencent. Cela nous a encouragés à expérimenter d'autres approches actives et concrètes. Les élèves se promènent dans l'école, immortalisant leurs expériences quotidiennes par des photos et des notes vocales, et concevant des dispositifs physiques ou visuels pour représenter leurs observations. Ils alternent entre des phases pratiques d'exploration et de construction. Nous appelons cela l'apprentissage par l'expérience, et cette approche allie investigation et ingénierie de manière naturelle pour les élèves. Grâce à ces expériences concrètes, les élèves se perçoivent comme des créateurs de connaissances, et non comme de simples participants à un programme.

Mettre l'accent sur les expériences des jeunes est essentiel, mais aussi complexe.

Devrions-nous laisser les élèves construire ce qui les passionne le plus ? Oui, bien que nous les encouragions à une réflexion approfondie lors du choix d’un projet. Nous souhaitons que la robotique soit source de joie, d’exploration et de créativité. Parallèlement, nous voulons que les élèves découvrent comment leurs créations peuvent être utiles aux autres ou répondre à des situations rencontrées dans leur école. Certains élèves établissent ces liens facilement ; d’autres ont besoin de plus de temps, de structure et d’encouragement avant de pouvoir relier leurs travaux d’ingénierie à leurs observations de la communauté. Aider les élèves à trouver cet équilibre est l’une de nos responsabilités les plus importantes.

La motivation des étudiants évolue avec le temps

De nombreux élèves rejoignent le programme car la robotique est une activité stimulante et concrète, et pour profiter des occasions de présenter leurs travaux. Lorsqu'ils constatent que leurs idées contribuent à façonner le projet, leur motivation devient plus intrinsèque. Les élèves timides prennent la parole avec assurance et ceux qui ont rejoint le programme pour construire des robots s'impliquent davantage dans les discussions sur le climat scolaire, l'amitié ou l'équité. Nous avons constaté à maintes reprises que le fait de s'exprimer transforme la motivation externe en motivation interne et que les élèves se sentent plus impliqués lorsqu'ils voient leurs idées se concrétiser.

« Le fait de s'exprimer transforme la motivation externe en motivation interne, et les élèves se sentent davantage impliqués lorsqu'ils voient leurs idées prendre forme. »

L'apprentissage socio-émotionnel est dynamique

Nos réflexions ont transformé notre compréhension de l'apprentissage socio-émotionnel. Il ne s'agit pas d'un ensemble de résultats, mais d'un processus dynamique que l'enseignement de la robotique peut favoriser. L'identité des élèves évolue à mesure qu'ils intègrent leurs propres expériences au processus de conception. Ils développent un sentiment d'appartenance en gérant les désaccords et en célébrant les progrès de leurs équipes. Ils deviennent plus collaboratifs en s'appuyant sur les forces de chacun. Ils font preuve de curiosité en posant des questions sur leur communauté et les défis qu'ils relèvent dans leurs conceptions. Ils exercent leur autonomie en façonnant leurs projets et leurs recherches. Ces éléments sont omniprésents dans le programme. Les élèves apprennent à analyser de manière critique les facteurs contribuant aux inégalités et à créer des solutions collaboratives qui favorisent le bien-être personnel, communautaire et sociétal.

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Ces premiers résultats montrent que l'enseignement de la robotique ne se limite pas à la maîtrise technique. Il peut favoriser les relations, le sentiment d'appartenance, la curiosité et le sens de l'utilité. Lorsque les jeunes sont considérés comme des penseurs actifs, des observateurs et des co-concepteurs, la robotique devient un moyen de mieux se comprendre, d'observer leur environnement et d'imaginer comment ils pourraient contribuer à leur communauté.

À mesure que notre programme se développe, nous continuerons à chercher des réponses à cette question fondamentale : que devient-il possible lorsque les jeunes utilisent la robotique non seulement pour construire des objets, mais aussi pour explorer et améliorer le monde qui les entoure ?

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Notes

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