Le travail de groupe n'est en aucun cas la norme dans toutes les classes scolaires. Recherche Il a toutefois été démontré que le travail collaboratif a un effet positif sur l'apprentissage des enfants. Le chercheur en éducation Claude Bollier parle des conditions pour l'apprentissage coopératif et les avantages de cette approche.

Eveline von Arx : Pourriez-vous nous donner un exemple concret d'apprentissage coopératif au collège (de 9 à 12 ans) ?

Claude Bollier : Dans un cours intitulé « La société et le monde qui nous entoure », par exemple, les élèves pourraient travailler en groupes pour étudier « L'Empire romain ». Ce sujet se prête particulièrement bien au travail de groupe car il peut être divisé en sous-thèmes (construction des routes et des villes, la maison romaine, l'armée, les structures administratives, etc.). Chaque groupe pourrait se concentrer sur un sous-thème pendant plusieurs semaines. L'objectif est que chaque élève devienne expert sur le sujet de son groupe et soit capable d'expliquer ce que le groupe a appris. De nouveaux groupes sont ensuite formés, composés d'un expert sur chaque sous-thème, et ces experts présentent les conclusions de leurs groupes respectifs. Cette méthode permet un apprentissage et une compréhension plus approfondis.

EvA : Pourquoi cela ?

CB : Pour expliquer un sujet à leurs camarades, les élèves doivent d'abord le comprendre. Ils découvrent ensuite comment ce qu'ils ont appris se rapporte aux sujets abordés par les autres groupes. méta-étude de John Hattie Il a été démontré que l'apprentissage est plus efficace lorsque les enfants coopèrent que lorsqu'ils apprennent seuls. Ils sont plus à même de reconnaître et de comprendre les liens entre les choses.

EvA : Comment les enseignants peuvent-ils évaluer la réussite du travail de groupe ?

CB : Les pré-tests et post-tests sont une option. Dans l’exemple que j’ai mentionné précédemment, les élèves pourraient répondre à 8 à 10 questions écrites sur « L’Empire romain » avant de commencer leur travail de groupe, ce qui permettrait d’évaluer leurs connaissances préalables. Ils repasseraient ensuite le même test. Un concours est également envisageable : quel groupe répondra correctement au plus grand nombre de questions ?

EvA : Quel rôle joue le plante qui enseigne jouer dans le cadre d'un apprentissage coopératif ?

CB : Le rôle principal des enseignants est d’apporter un soutien, ce qui peut s’avérer complexe. Ils doivent bien comprendre la dynamique de la classe. Ils créent le cadre et les conditions d’apprentissage, mais n’ont pas à présenter l’intégralité du programme. Les activités proposées doivent encourager une exploration plus approfondie du sujet, en tenant compte des capacités des élèves.

« Les devoirs devraient être conçus de manière à encourager une analyse plus approfondie du sujet, en tenant compte des capacités des enfants. »

EvA : Que se passe-t-il si les groupes rencontrent des difficultés ou se disputent ? Que se passe-t-il s’ils n’arrivent pas à se mettre d’accord, ou si certains élèves ont l’impression qu’on leur confie toute la responsabilité et qu’ils font tout le travail ?

CB : Dans ce cas, l’enseignant – qui est aussi un modèle social – doit aborder ces problèmes et aider les élèves à trouver des solutions : que faire si certains membres du groupe ne participent pas suffisamment ? Grâce à l’apprentissage coopératif, les enfants acquièrent non seulement des connaissances, mais aussi des compétences sociales. Ils apprennent comment les autres les perçoivent et réagissent à leur égard, et ils prennent davantage conscience de leurs propres forces et capacités.

Ces questions peuvent également être abordées par l'enseignant. Il se peut qu'une élève préfère écouter plutôt que participer. Est-il possible de modifier le rôle d'un élève ? Si un garçon n'aime pas prendre la parole en public, on peut peut-être l'encourager à essayer. L'apprentissage coopératif incite les enfants à interagir et à négocier. Enseignants et élèves doivent être capables de gérer les conflits.

EvA : Et si certains enfants sont dépassés par cette approche et trouvent impossible de travailler en groupe ?

CB : Cela arrive parfois ; certains élèves peuvent être confrontés à une situation familiale difficile ou avoir des difficultés scolaires. Ces élèves, qui représentent généralement environ 20 % de la classe, peuvent bénéficier d’un enseignement individualisé pendant que le reste de la classe travaille en groupe.

EvA : Les élèves devraient-ils également participer à l’évaluation de leur propre apprentissage ?

CB : C'est un point très important. Les commentaires des étudiants sont essentiels, car ils examiner le processus d'apprentissageQu'est-ce qui a bien fonctionné ? Que pourrions-nous améliorer la prochaine fois ? C'est ainsi que les élèves et les enseignants apprennent.

Notes

Le professeur Claude Bollier est enseignant en école primaire et chercheur en éducation. Il enseigne au Département de formation continue de la Haute École spécialisée de Zurich, en Suisse. Ses domaines d'intérêt comprennent l'apprentissage coopératif, l'accompagnement des enfants à besoins particuliers, le conseil en organisation et la médiation des conflits.