Laura Hess, une institutrice suisse, a observé de nouveaux modes d'apprentissage coopératif lorsque son école a introduit la robotique et la programmation auprès de ses élèves.

Caroline Smrstik Gentner : Pourquoi des robots sont-ils venus dans votre école primaire ?

Laura Hess : Il y a deux ans, un groupe d'enseignants de mon école a créé un groupe de travail pour trouver un moyen d'initier nos élèves à l'informatique. Nous avons consulté des sites web et des ressources pédagogiques pour trouver du contenu utilisable dans toutes nos classes, et nous avons opté pour la programmation. Bee-Bots pour la maternelle jusqu'au CE1, et les plus avancés Ozobots for third through sixth grade.

Notre objectif était de rendre la programmation concrète et d'encourager la collaboration entre les enseignants et les élèves. Nous avons créé des kits pédagogiques contenant des exercices et du matériel adaptés à chaque niveau. L'année dernière, chaque classe, de la maternelle au CM2, a bénéficié de quatre semaines intensives de programmation et de robotique.

« Par "efficace", j'entends bien plus que la simple utilisation d'un iPad pendant le cours. »

Les programmes de cinquième et sixième année prévoient l'enseignement des médias et de l'informatique. Les plus jeunes utilisent de plus en plus les médias numériques de manière interdisciplinaire, notamment pour la rédaction de récits. Il est donc essentiel pour nous de réfléchir à une utilisation plus efficace des médias numériques, en particulier chez les plus jeunes. Par « efficace », j'entends bien plus que la simple utilisation d'un iPad pendant le cours.

CSG : Comment les élèves réagissent-ils aux exercices de programmation ? Perçoivent-ils les robots comme un moment de jeu ?

LH: Chaque fois que j'arrive avec la boîte du robot, les enfants sont ravis de se mettre au travail, même si les exercices sont difficiles pour eux. Nous avons introduit programmation par blocs L'utilisation des Ozobots était une nouveauté pour mes élèves de CM1 et CM2. Il s'agit d'une méthode de raisonnement logique qu'il faut bien expliquer afin que les élèves puissent travailler de manière autonome, en petits groupes, pour mener à bien leurs projets.

CSG : Pourquoi ce genre de travail est-il si difficile ?

LH: Today’s society is so fast-moving and there’s little time for looking back and analyzing something. Reflection isn’t really a strong point for children anyway, but in programming, this ability is extremely important. The robots only do the right thing when they have been programmed right: mistakes aren’t the robot’s fault.

« Apprendre à penser logiquement, à imaginer ce qui devrait se passer étape par étape, à revenir sur ses pas – c’est une expérience d’apprentissage précieuse que les enfants n’acquièrent pas de manière aussi intensive dans d’autres matières. »

Il est toujours difficile d'amener les enfants à relire leur travail et à chercher l'erreur, le point où les choses ont mal tourné. En programmation, c'est tellement important qu'il existe même un terme spécifique pour cela : le débogage.

Je trouve passionnant de voir les élèves changer leur rapport aux erreurs. Il n'y a pas de reproches, et je les ai rarement vus aussi coopératifs que lorsqu'ils programment en binômes. L'un décrit les instructions du robot, l'autre le programme, et ensemble, ils cherchent le « bug » lorsqu'il ne fonctionne pas comme prévu. Apprendre à penser logiquement, à imaginer le déroulement étape par étape, à revenir en arrière : c'est une expérience d'apprentissage précieuse que les enfants n'acquièrent pas aussi intensément dans d'autres matières.

CSG : Sont les Les robots sont là pour rester dans votre école primaire ?

LH: Oui, car la robotique est importante pour que les enfants comprennent le fonctionnement du monde qui nous entoure. Les objets que nous utilisons au quotidien sont comme des robots ou des machines, et les élèves doivent apprendre comment ces machines « pensent » – c’est le principe de la programmation.

« La robotique est importante pour que les enfants comprennent comment fonctionne notre monde. »

Learning how to program also opens the door to thinking about a whole group of new professions at an early age. I believe that in the future we’ll need more and more computer scientists and people who understand how this world works. By introducing children to programming early on, we create a huge opportunity for them.

 

Notes

Laura Hess Elle enseigne à une classe regroupant les élèves de CM1 et CM2 à l'école primaire de Knonau, en Suisse. Le projet de robotique de l'école a remporté le prix Spotlight Switzerland 2019.

Le École primaire de Knonau est une école publique accueillant environ 300 élèves répartis en classes multi-âges, de la maternelle au CM2. Robotisez votre salle de classe est un projet développé par un groupe d'enseignants de l'école primaire de Knonau pour initier les élèves au monde numérique de manière adaptée à leur âge, grâce à des leçons de programmation et de robotique pour les différents niveaux scolaires.

« Robotisez votre salle de classe » était l'un des dix Pleins feux sur la Suisse projets présentés à Séminaire HundrED Campus Le 30 octobre 2019 à Zurich, les projets primés mettent en lumière les meilleures pratiques émergentes en matière de transformation numérique dans les écoles. Cette initiative est une collaboration entre la Fondation We Are Play Lab, la Fondation Gebert Rüf et… Jacobs Foundation, Stiftung Mercator Schweiz, Beisheim Stiftung, digitalswitzerland next Generation et la Haute école pédagogique de Zurich.