En créant leurs propres livres numériques, les jeunes élèves de Caroline Cortès, une enseignante suisse en maternelle, apprennent à structurer et à communiquer leurs idées.

Caroline Smrstik Gentner : Pourquoi avez-vous décidé d'utiliser des tablettes avec vos élèves de maternelle ?

Caroline Cortès : Pendant le premier COVID-19 Au printemps 2020, pendant le confinement, j'ai cherché des activités que mes élèves pourraient faire à la maison sans avoir besoin de trop d'aide de leurs parents. J'ai trouvé une application en ligne pour créer des livres numériques et j'ai commencé à les envoyer à mes élèves. J'y ai intégré des photos et des vidéos que les parents m'avaient envoyées, ainsi que des ressources pédagogiques que j'avais préparées. En ouvrant le livre, les enfants pouvaient entendre ma voix et celles de leurs amis, et voir leurs photos – ce qui était particulièrement précieux car ils étaient isolés les uns des autres. J'ai alors pensé que la création de livres numériques était une activité que je pourrais partager avec mes élèves. À leur retour à l'école en mai, j'ai emprunté des tablettes à la médiathèque régionale et nous avons réalisé un album de présentation de la classe.

« En ouvrant le livre, les enfants à la maison pouvaient entendre ma voix et celles de leurs amis, ce qui était particulièrement précieux car ils étaient isolés les uns des autres. »

CSG : Les jeunes enfants sont assez habitués à utiliser des tablettes, mais leurs parents n'apprécient pas toujours qu'ils en aient autant. temps d'écranA-t-il été difficile d'intégrer les tablettes au programme scolaire régulier ?

CC: C'était une nouveauté pour des élèves si jeunes. Nous avons des ordinateurs à l'école, mais les enfants ont du mal à maîtriser la souris, et leurs activités consistent souvent en des jeux sans rapport avec le programme scolaire. En revanche, il est facile d'intégrer la tablette à la vie de la classe. Par exemple, tous les mardis matin, nous allons en forêt. Nous manipulons les objets que nous trouvons, puis nous les remettons en place. Nous utilisons les tablettes pour documenter notre travail, et ensuite les enfants partagent leurs découvertes dans leurs albums personnels.

CSG : Les enfants apprennent-ils à considérer les tablettes comme un outil plutôt que comme un jouet ?

CC: Les tablettes scolaires ne sont pas là pour jouer. Quand les enfants se mettent à jouer sur une tablette ou un téléphone, ils sont souvent tellement captivés par les lumières vives et la musique qu'il leur est difficile de se concentrer sur autre chose ou de communiquer avec les autres. Je veux montrer que nous pouvons utiliser les tablettes comme un outil pour apprendre à communiquer. Chaque élève crée un album avec des photos qu'il a prises et des choses qu'il aime. À chaque ajout, il doit expliquer pourquoi. Et comme il ne sait pas encore lire ni écrire, il doit s'enregistrer vocalement pour expliquer son choix. Cela l'aide à développer ses compétences linguistiques ; si ce n'est pas bon du premier coup, il efface et recommence. En partageant leurs albums, ils peuvent échanger des idées et pratiquer la conversation. Nous envoyons également un lien aux parents pour qu'ils puissent suivre les activités de leurs enfants et en discuter à la maison. Les albums deviennent ainsi un outil pour encourager la communication.

« L’utilisation de la tablette aide les enfants à apprendre à contrôler leurs impulsions. »

CSG : Après avoir travaillé sur ce projet, vos élèves sont-ils mieux préparés pour la première année de primaire ?

CC: Ce projet propose une préparation différente. L'utilisation de la tablette aide les enfants à maîtriser leurs impulsions ; apprendre à réfléchir avant de prendre une photo les incite à réfléchir avant de parler ou d'agir. Prendre des photos leur ouvre également de nouvelles perspectives sur le monde. Quel que soit l'angle de vue – de face, de dos, d'en haut ou d'en bas – aucune photo n'est plus belle ou plus intéressante qu'une autre. Il est important de montrer qu'il existe de multiples façons d'appréhender les choses, y compris les idées et les opinions.

Je suis certaine d'en savoir beaucoup plus d'ici la fin de l'année scolaire ! Je ne suis absolument pas une experte en informatique et je n'avais même jamais utilisé de tablette avant de me lancer dans ce projet. Je souhaite faire savoir aux enseignants comme moi – j'ai bientôt 60 ans – que l'utilisation de ces outils est très simple et qu'ils devraient les essayer. Il y a tant d'idées à explorer, pour le bénéfice de la classe et de chaque enfant.

Notes

Caroline Cortès est institutrice en maternelle aux Ponts-du-Martel, un village situé à la frontière française dans le canton de Neuchâtel, en Suisse. Elle fait partie des Éducateurs-créateurs 2020 lauréats.

Le public de deux ans école maternelle aux Ponts-du-Martel en Suisse occidentale prépare les enfants de 4 à 5 ans à l'école primaire.

Avec le projet "Des livres pas comme les autres"Les enfants d'âge préscolaire utilisent des tablettes pour créer leurs propres livres numériques. Lors de leurs sorties, ils prennent des photos qu'ils ajoutent à leur « livre », ainsi que des dessins, des photos de leurs créations et des vidéos. En développant, concevant et présentant leurs « livres », les enfants apprennent à structurer leurs idées, à enrichir leur vocabulaire et à perfectionner leurs compétences en communication orale.

"Des livres pas comme les autres« » figurait parmi les dix projets suisses reconnus par la Fondation Educreators dans le cadre de son programme Concours des Façonneurs du futur 2020Les projets primés exploitent la transformation numérique comme une opportunité pour créer des environnements d'apprentissage stimulants. Cette initiative est le fruit d'une collaboration entre la Fondation Gebert Rüf et… Jacobs Foundation, la Fondation Mercator Suisse, la Fondation Beisheim et movetia.

2 commentaires

  1. Explorer, apprendre et grandir sont les meilleurs moyens pour les enfants d'apprendre. Joli blog.

  2. Préparer les étudiants à réussir dans un monde en constante évolution. Blog très utile.

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