« Les cours devraient être conçus pour permettre aux étudiants d’expérimenter et de développer leur esprit critique. »
En tant que scientifique, Philippe Kobel, professeur de physique, valorise l'expérimentation. En testant une plateforme de laboratoire en ligne avec ses élèves, il a ouvert la voie à un apprentissage plus actif et à une meilleure collaboration.
Caroline Smrstik Gentner : Comment avez-vous découvert la plateforme Go-Lab comme outil pédagogique ?
Philippe Kobel : Je suis physicien, mais pas particulièrement porté sur la technologie. Lorsque Denis Gillet (professeur à l'EPFL, l'École polytechnique fédérale de Lausanne) m'a parlé il y a trois ans de l'utilisation de l'Europe Go-Lab Au départ, je n'étais pas certain que cette plateforme puisse avoir un impact sur l'enseignement. Et en tant que scientifique, je ne peux jamais croire en un outil sans l'avoir testé moi-même en profondeur. Mais une fois que j'ai constaté la facilité avec laquelle on pouvait mettre en place des activités sur la plateforme, et la réaction de mes étudiants face à un scénario d'activité en ligne complet, j'ai été convaincu.
Nous vivons dans un monde où les ressources et outils en ligne sont omniprésents. À vrai dire, multiplier les outils en ligne pour les élèves peut les désorienter. L'idée de Go-Lab est de centraliser ces ressources sur une plateforme unique et attrayante. Les enseignants peuvent ainsi regrouper vidéos, simulations, quiz et autres applications au sein d'une activité unique, accessible facilement et régulièrement aux élèves : en classe, à la maison, où qu'ils soient.
CSG : Que pensent vos élèves de l'utilisation de cette plateforme dans leur cours de physique ?
PK: Ils ont l'impression d'apprendre à leur propre rythme, c'est ludique, ils peuvent refaire les activités autant de fois qu'ils le souhaitent, et cela les aide à mieux comprendre les concepts. Pour moi, c'est l'essentiel : nous voulons que les élèves comprennent. C'est le 21e siècle.stAu XXIe siècle, la mémorisation ne nous intéresse plus. Pourquoi retenir des faits quand on peut simplement faire une recherche sur Google ?
Même si vous ne connaissez pas précisément les lois de Newton, mais que vous savez qu'elles permettent de prédire comment une planète modifie son mouvement sous l'effet de la gravité grâce à quelques expériences, alors vous avez appris quelque chose. Comprendre ces relations, c'est ce qui permet de comprendre le climat, l'espace, et tout le reste.
« Grâce à cette plateforme, les étudiants finissent par apprendre beaucoup plus, d'une manière bien plus centrée sur l'étudiant, interactive et collaborative. »
On parle de plus en plus du 21st Compétences du XXIe siècle : nous souhaitons que les élèves développent leur esprit critique, leur capacité à collaborer, à produire du contenu, à effectuer des recherches en ligne efficaces et à expérimenter. Grâce aux activités Go-Lab, ils ont l’opportunité de développer ces compétences par un apprentissage actif.
CSG : En quoi votre rôle d'enseignant a-t-il évolué depuis la mise en place de cette plateforme ?
PK: Pas énormément : même dans le cadre de travaux pratiques classiques, les étudiants travaillent de manière autonome et je joue surtout le rôle de guide lorsqu’ils en ont besoin. Mais à mesure que nous utilisons davantage Go-Lab, les étudiants travaillent en binômes et font des expériences en ligne. Ils finissent par apprendre beaucoup plus de manière beaucoup plus interactive, collaborative et centrée sur l’étudiant. De cette façon, nous nous rapprochons des objectifs du XXIe siècle.st compétences du siècle.
En tant qu'ambassadrice Go-Lab pour la Suisse, j'ai rencontré des enseignants de toute l'Europe, notamment des professeurs des écoles qui utilisent Go-Lab. L'outil convient à tous les âges : les élèves du primaire peuvent visionner une courte vidéo pour découvrir un concept, réaliser une petite expérience, puis répondre à un quiz. C'est ludique, et les enfants adorent faire des expériences.
CSG : Comment ce type d'enseignement et d'apprentissage pourrait-il se généraliser ?
PK: Il y a toujours une certaine résistance face à la nouveauté. On la trouve compliquée, comme je l'ai pensé au début, ou on ne veut pas changer ses habitudes – l'inertie est humaine ! Mais mon expérience prouve le contraire : ce n'est pas compliqué et cela vaut la peine d'essayer. En participant à Go-Lab, vous rencontrez des personnes du monde entier et vous développez votre créativité et votre inspiration. Nous trouvons toujours un moyen d'intégrer de nouvelles idées à nos programmes, alors il n'y a aucune excuse pour ne pas tenter l'expérience.
Notes
Philippe Kobel Il est professeur de physique au lycée du Bugnon à Lausanne, en Suisse. Son projet a remporté le prix Spotlight Switzerland 2019.
Le Gymnase du Bugnon est un lycée public de Lausanne, en Suisse, qui prépare les élèves âgés de 15 à 18 ans à des études postsecondaires.
Apprentissage actif avec Go-Lab Go-Lab est une approche pédagogique centrée sur l'étudiant, rompant avec les méthodes d'enseignement traditionnelles. Les étudiants apprennent, expérimentent et travaillent à leur propre rythme grâce aux activités Go-Lab. Cette autonomie accrue favorise les échanges en groupe, l'expérimentation avec des données et des simulations en ligne, et encourage la pensée scientifique et critique.
Apprentissage actif avec Go-Lab était l'un des dix Pleins feux sur la Suisse projets présentés à Séminaire HundrED Campus Le 30 octobre 2019 à Zurich, les projets primés mettent en lumière les meilleures pratiques émergentes en matière de transformation numérique dans les écoles. Cette initiative est une collaboration entre la Fondation We Are Play Lab, la Fondation Gebert Rüf et… Jacobs Foundation, Stiftung Mercator Schweiz, Beisheim Stiftung, digitalswitzerland next Generation et la Haute école pédagogique de Zurich.
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